Ellen (Catastrophes)


Anne Monfort


CRÉATION 2022

Commande à l’auteur Thibault Fayner 

Conception et mise en scène Anne Monfort

Avec Marion Begin, Marc Berman, Pearl Manifold, Jean-Baptiste Verquin

Scénographie Clémence Kazémi

Création, régie lumières et régie générale Cécile Robin 

Création sonore Julien Lafosse

Assistanat à la mise en scène Julia Dreyfus

Production Coralie Basset

Relations presse Olivier Saksik - Elektronlibre

Diffusion Florence Francisco - Les Productions de la Seine

 

Production Day-for-night

Coproduction Atheneum - Dijon, Collectif 360, Maison de la Culture Nevers Agglomération (production en cours)



ELLEN (CATASTROPHES)

Ellen (Catastrophes) raconte le parcours de la vie d’Ellen, une jeune femme qui tombe amoureuse (beaucoup), découvre l’art, fait face à une guerre civile, perd sa mère. La pièce évoque toutes ces catastrophes qui sont les petites catastrophes intimes et personnelles, les catastrophes naturelles et climatiques, les guerres. La pièce suit le parcours d’Ellen, une jeune femme un peu perdue, artiste un peu velléitaire, anti-héroïne qui rencontre l’amour à plusieurs reprises, retombe, rebondit. Ses amis commentent ces histoires-événements, avec humour, se mêlant de ce qui ne les regarde pas. Puis Ellen tombe amoureuse, cette fois vraiment. Et cela tourne mal, finit dans une tempête de neige, dans une scène apocalyptique où elle perd tout. Ellen retrouve confiance, s’exile, échappe à un tsunami et, au détour d’une visite chez sa mère, découvre qu’elle a la maladie d’Alzheimer. Une guerre civile se déclenche soudainement, et Ellen doit fuir, emmenant avec elle sa mère devenue démente, qui meurt pendant l’exode.

 

A la fois narrateurs et personnages, les acteurs incarnent Ellen, Abi, Brian, William, le docteur Oldteeth, et font entendre les voix des « amis » qui commentent ces histoires-événements où l’humour porte le drame de notre « époque des monstres ».

 

La mise en scène souhaite traduire et radicaliser les ruptures de genre proposées dans l’écriture, de l’humour réaliste au fantastique, en passant d’un théâtre pauvre à un théâtre très visuel – c’est un monde de « métamorphoses » où tout apparaît puis disparaît à nouveau. Dans cette théâtralité, la forme de la pièce change, ainsi que le code de jeu et le dispositif scénographique : la précision de la langue fait advenir les situations, les êtres inventent au présent, passant du théâtre-récit au poème dramatique.  Au départ, un plateau nu, où les comédiens inventent ensemble le parcours d’Ellen, jouent à jouer, incarnent les différents personnages comme les amis, en alternant avec virtuosité et humour les adresses directes au public et les dialogues entre les personnages. Au départ, ce sont ces ruptures de jeu qui constituent le seul espace de représentation, avec quelques éléments de costumes.  Peu à peu, la distance entre la narration et l’incarnation se floute, à mesure qu’on entre dans la représentation de la catastrophe, et le jeu se fait plus lyrique, les personnages s’incarnent davantage, dans une forme d’oratorio, en lien avec un accompagnement musical soutenu. Le texte est moins réparti, on assiste véritablement à des scènes, comme la consultation du docteur Oldteeth diagnostiquant l’Alzheimer de la mère, ou Ellen hallucinée traversant la forêt en pleine exode. En parallèle, le plateau nu devient pictural, accentuant la dimension fantastique de la dernière partie du texte : le tsunami, la tempête de neige, la guerre civile, s’y représentent de façon visuelle et organique, et ce, très soudainement. Une autre piste de travail est la notion de « métamorphoses » présentes dans les peintures de l’héroïne,  que l’auteur ancre dans un réalisme social, où les êtres deviennent mi-humains mi-animaux. Ainsi pourraient apparaître, par des jeux de lumières et d’éléments de costumes, des figures fantasmatiques, furvies « métamorphoses ».

 

Anne Monfort