Contreplongées


> Panagiota Kallimani


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Choreography Panagiota Kallimani
Dance Laurie Young ou Mai Ishiwata, Emilio Urbina, Panagiota Kallimani
Comedian Alexandro Siatras

Scenography Heike Schuppelius
Music Stavros Gasparatos
Costumes Penny Calle
Lighting Sakis Birbilis

 

Production déléguée Les Productions de la Seine
Coproduction Centre Culturel Onassis, Athènes - Grèce
Artistic residency : CCN Roubaix Nord-Pas-de-Calais
With residency support of Théâtre Paul Éluard de Choisy-le-Roi.
Rehearsals 2013-2014 Centre culturel Onassis Athènes (Grèce), Théâtre Paris – Villette (France), Ménagerie de Verre – StudioLab (France), Centre national de la danse Pantin/ïle de France.


[FR]

Ce projet est une plongée dans notre labyrinthe intérieur. A la faveur de la crise économique que traverse la Grèce actuellement, ce spectacle se propose de revisiter la sensation d'enfermement, la perte des sens et la reconquête d'identité.

Celui qui arpente les rues d'Athènes ne saurait ignorer les modificiations profondes que la crise fait subir aux habitants de la capitale. Les Sans Domicile Fixe (SDF) qui peuplent ses rues sont d'un genre nouveau ; des gens "normaux" dont jamais nous aurions pu imaginer qu'ils se retrouveraient un jour sans toit pour les abriter.

 

C'est ainsi que j'ai fait la connaissance d'un couple de seagénaires amoureux : sans travail et sans famille pour les secourir ; ils ont élu domicile dans la rue. A l'un et à l'autre j'ai confié des appareils photographiques jetables et prié de photographier "Tout ce qu'ils aimeraient avoir", "Ce qui les rendrait heureux". Les appareils photographiques ont circulé parmi d'autres SDF de leur connaissance, livrant à chaque fois des images surprenantes, à rebours de mes attentes convenues. Certes, j'ai récupéré des images de lits douillets, de chaussures photographiées dans des vitrines, de repas chauds, mais ces photographes amateurs, qui évoluaient dans la ville "comme des touristes", m'ont également transmis des images de pigeons et de tendres portraits. Pour survivre dans la rue, les SDF ne peuvent jamais s'endormir tout à fait ; tous leurs sens (et surtout l'ouïe) doivent rester en éveil. Qu'en est-il de leur odorat, de leur goût ? Comment évolue le toucher quand on doit empiler des couches de vêtement pour protéger son corps contre le froid et les agressions extérieures ? On a coutume de penser que les sens des SDF s'aiguisent comme ceux des chiens dont ils souvent accompagnés. Cela fait référence pour moi à l'enfermement, au labyrinthe et, par ricochet, au Minotaure (créature mi-humaine, mi-animale). Pour autant, ce spectacle ne vise pas à mettre en scène la vie de ces SDF d'un nouveau genre. Cette rencontre m'a profondément questionnée sur l'enfermement, sur l'espoir et sur mes propres désirs de bonheur.

 

Comment retrouver ses capacités physiques et morales quand on se sent perdu ? Qu'est-ce qu'on espère ? Comment dépasser les obstacles ? Où est la sortie ? J'aime penser qu'il existe une porte à découvrir.  

 

[EN]

This project is about climbing inside our own interioir labyrinth. Cannelling the grave economic crisis currently affecting Greece, this piece focuses on an overpowering sensation of claustrophobia closing in, the loss of certain sens and the rediscovery of identity. Anyone walking through the streets of Athens cannot help but see the major changes imposed upon the city by the worsening economic crisis. The homelesse people now filling the streets of Athen are different, they're "normal" people we would never have imagined would be facing the loss of their homes.

 

So it was in the street that I met a pair of sixty-year old lovers: without any work or families to support them, they had begun living in the street. I gave them both disposable digital cameras and asked them to take pictures of "what they would like to have" and "what would make them happy". The cameras also circulated among other homeless people they knew, and the images I saw were astonishing, completely different from the conventionnal stuff I'd expected. Of course I did find photos of comfy beds, fancy shoes in store windows and hot meals, but these amateur photographers who were drifting around the city "like tourists" also brought me images of pigeons and some tender portraits. In order to survive in the streets, the homeless do not allow themselves to truly fall asleep: their senses, especially their hearing must always be "on". What happens to their sens of smell, of taste? How does the sense of touch change when you're obliged to wear layers and layers of clothing to protect your body from the cold and from sexual attacks? We are told that the homeless have refined their senses, sharpened them to match those of the dogs who frequently accompany them. This brings out in me: feelings of claustrophobia, the labyrinth and its Minotaur (a creature half-human, half-animal). However this piece is not about seeing lives of the homeless in a different way. My encounter with them brought about explorations claustrophobia, hope and my own wish for happiness.

 

How do you recover your physical and moral capacity when you also are feeling lost?

What do you expect? How do you deal with the inevitable obstacles?

 

 

 

 

Dates passées

> 11 Fév. 2016 - Ville de Pamiers

> 24 & 25 Fév. 2014 - Théâtre Paris Villette

> 6 & 7 Fév.2014 - Centre culturel Onassis, Athènes - Grèce

 

Autour de la pièce, une exposition

Celui qui arpente les rues d’Athènes ne saurait ignorer les modifications profondes que la crise fait subir aux habitants de la capitale. Les Sans Domicile Fixe (SDF) qui peuplent ses rues sont d’un genre nouveau ; des gens «normaux» dont jamais nous aurions pu imaginer qu’ils se retrouveraient un jour sans toit pour les abriter. C’est ainsi que Panagiota fait la connaissance d’un couple de sexagénaires amoureux : sans travail et sans famille pour les secourir ; ils ont élu domicile dans la rue.

A l’un et à l’autre elle a con!ié des appareils photographiques jetables et prié de photographier «Tout ce qu’ils aimeraient avoir », « Ce qui les rendrait heureux ». Les  appareils photographiques ont circulé parmi d’autres SDF, livrant à chaque fois des images surprenantes, à rebours de mes attentes convenues. Certes, elle a récupéré des images de lits douillets, de chaussures photographiées dans des vitrines, de repas chauds, mais ces photographes amateurs, qui évoluaient dans la ville « comme des touristes », lui ont également transmis des images de pigeons et de tendres portraits.

Pour survivre dans la rue, les SDF ne peuvent jamais s’endormir tout à fait ; tous leurs sens (et surtout l’ouïe) doivent rester en éveil. Qu’en est-il de leur odorat, de leur goût ? Comment évolue le toucher quand on doit empiler des couches de vêtement pour protéger son corps contre le froid et les agressions extérieures ? On a coutume de penser que les sens des SDF s’aiguisent comme ceux des chiens dont ils sont souvent accompagnés. Cela fait référence, pour elle, à l’enfermement, au labyrinthe et, par ricochet, au Minotaure (créature mi- humaine, mi- animale).